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3ème dimanche de carème

19 Mar

    3ème dimanche de carème

    Chers frères et sœurs,

    L’Évangile de la semaine dernière nous donnait comme un horizon à notre marche de carême, un but, un bout du chemin. La transfiguration du Christ nous révélait déjà le but de notre marche, but joyeux, but glorieux, celui de la résurrection et de la vie, celui de Pâques, la fête des fêtes, la fête de notre salut.

    L’Évangile de ce dimanche nous donne lui aussi un encouragement dans notre marche vers Pâques. La rencontre de Jésus avec la Samaritaine est un épisode où l’on peut découvrir à quel point Jésus est le Christ, l’envoyé de Dieu pour nous sauver. Il est celui qui peut nous donner à boire de l’eau de la source qui jaillit en vie éternelle. Cette source, elle jaillit à Pâques, fête vers laquelle nous cheminons durant notre carême.

    Au milieu de notre carême, nous sommes ainsi encouragés, nous recevons dans la liturgie des encouragements qui nous aident à avancer car nous nous rappelons du but de notre marche, nous avons devant nous le terme de notre marche : le salut offert par Dieu, que nous fêterons à Pâques.

    La première lecture de ce dimanche nous relate un épisode de la marche du peuple d’Israël au désert. Il s’agit d’un épisode où le peuple d’Israël se met à manquer de confiance en Dieu, et à lui tenir ce genre de propos : « Mais pourquoi, Dieu, nous as-tu dit de partir dans ce désert où nous mourons de faim ? Es-tu capable de faire notre bonheur, oui ou non ? Es-tu capable de nous sortir de cette galère où nous sommes ? Nous ne le pensons plus. Nous n’y croyons plus. Si tu es capable de faire notre bonheur, montre-le nous. Allez, fais un miracle, et nous croirons en toi. Es-tu vraiment avec nous ? ». Ce genre de réactions, nous pouvons nous aussi les avoir dans nos vies. Nous pouvons douter de Dieu et le mettre à l’épreuve, l’accuser même de ne pas s’occuper de nous. Quand le chemin se fait difficile, quand le désert se fait plus lourd, plus sec, plus aride, les accusations et les mises à l’épreuve de Dieu peuvent naître dans nos cœurs : « Es-tu vraiment avec moi alors que ma femme tombe malade ? Alors que je cherche du travail sans en trouver depuis longtemps ? Finalement, j’étais plus heureux quand je cherchais à faire mon bonheur moi-même ».

    Dieu répond aux plaintes du peuple d’Israël par l’intermédiaire de Moïse, à qui il demande de faire naître une source dans le désert, une source qui sorte du rocher. Le psaume éclaire cette expérience qu’Israël a faite dans le désert avec Dieu. Avec le temps, Israël a médité sur ce qu’il avait vécu au désert, et il en a fait des chants, il a chanté son expérience dans des paumes. Le psaume chante la bonté de Dieu, qui est le Rocher, le salut qui conduit le peuple. Il chante également la parole que Dieu adresse à son Peuple : « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit ».

    Israël a donc compris l’épisode relaté dans la première lecture comme un épisode qui manifeste à la fois la bonté de Dieu et en même temps un appel à la conversion du cœur que Dieu adresse à son peuple. Cette expérience est tout à fait celle que nous faisons durant notre marche de carême. Nous avons devant les yeux la bonté de Dieu. Et nous entendons l’appel à la conversion que Dieu nous adresse. Cet appel, il nous est adressé très concrètement. Trois moyens nous sont proposés, qui sont comme trois piliers de notre carême : la prière, l’aumône et le jeûne, trois moyens qui doivent nous aider à nous convertir en profondeur, à ouvrir notre cœur à Dieu : c’est cela le plus important.

    Le récit de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine dit la même chose : il nous révèle la bonté de Dieu et son appel à la conversion. La bonté de Dieu jaillit de partout. Jésus brise les tabous de son temps et de son milieu culturel en s’adressant à une Samaritaine. Déjà, il n’était pas très bien vu de s’adresser à une femme, ce qui est typique de nombreuses populations anciennes. Et en plus, il faut savoir que les Samaritains, à l’époque de Jésus, étaient en froid avec les Galiléens au Nord et les Judéens au Sud, Galiléens et Judéens formant ensemble le peuple juif. Ce froid remonte à une scission dans l’histoire politique et religieuse d’Israël. Et après cette scission, la révélation biblique s’est perpétuée à l’écart de la Samarie. Jésus, en s’adressant à la Samaritaine, brise donc de nombreux tabous culturels et religieux de son époque. Il fait également preuve d’un amour surabondant pour la Samaritaine en lui annonçant une source d’eau jaillissant en vie éternelle, en se révélant à elle comme Messie, ce qu’il n’avait pas fait envers tous ceux à qui il s’était adressé jusqu’ici, la plupart juifs. Il fait preuve d’une bonté surabondante envers la Samaritaine tout au long de sa conversation avec elle. Il lui révèle également tout ce qu’elle a fait, ce qui la touche profondément. Il l’appelle en même temps à se convertir en croyant à ce qu’il lui dit, en croyant qu’il est le Messie. Bonté de Dieu et appel à la conversion … : tel est le résumé de la liturgie de la Parole de ce dimanche.

    Le contact avec Jésus doit produire en nous ces fruits en cette période de carême : être saisis par la bonté de Dieu et nous sentir appelés à la conversion. Même si parfois les temps sont durs, même si dans nos cœurs montent des plaintes et des révolte envers Dieu, rappelons-nous la bonté de Dieu et le but de notre marche : la fête de notre salut offert par Dieu. Convertissons-nous et marchons ensemble, sur notre route vers Pâque.