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2ème dimanche de l’Avent

10 Déc

    2ème dimanche de l’Avent

    Chers frères et sœurs,

    Nous avons allumé aujourd’hui la deuxième des quatre bougies de la couronne de l’Avent. De dimanche en dimanche, un chemin de lumière nous est tracé afin que nous nous préparions à Noël, chemin de lumière qui se découvre à nous au fur et à mesure que nous avançons. La semaine dernière, nous avons reçu une première bougie : cette bougie est l’appel de Jésus qui nous a dit de veiller. Cet enseignement, cet appel de Jésus à veiller fut pour nous une première bougie sur notre route vers Noël. Cette bougie restera allumée jusqu’au jour où nous fêterons la naissance de Jésus, la venue du Messie. Tout au long de l’Avent en effet, nous sommes appelés à veiller et cette veille, cette vigilance attentive à la venue du Seigneur dans nos vies nous permet de progresser beaucoup dans notre vie chrétienne et de nous préparer à fêter la venue de Dieu en chair et en os dans notre humanité à Noël.

    Ce dimanche, une deuxième bougie nous est offerte pour nous permettre d’avancer sur le chemin de lumière qui nous rapproche toujours davantage de Noël. Pour accueillir Dieu qui vient à notre rencontre en effet, nous devons aussi nous préparer afin d’être prêts quand il arrivera. Il ne suffit pas de veiller pour ne pas manquer sa venue. Il faut aussi être prêt pour le moment où il arrive. C’est ce à quoi nous exhorte l’Évangile du deuxième dimanche de l’Avent. Jean-le-Baptiste vient aujourd’hui à notre rencontre pour nous exhorter à être prêts pour le moment où le Messie arrivera, et pour cela il nous exhorte à nous convertir. Jean le précurseur nous y exhorte avec des mots qui mettent en relief l’importance de la venue du Messie, l’importance du Messie lui-même : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint » (Mc 1, 8).

    À cette venue du Messie, il nous faut nous préparer en aplanissant ce qui, dans nos vies, rend difficile voire improbable la rencontre avec le Seigneur. Des montagnes d’orgueil, des détours par des chemins d’errance où nous nous sommes peut-être perdus, des rancunes qui sont comme des ornières nous empêchent peut-être d’être prêts pour la grande rencontre avec le Messie, nous empêchent même de nous rendre au lieu de la rencontre avec Lui, à la crèche, en progressant sur notre chemin de lumière. La liturgie du deuxième dimanche de l’Avent nous exhorte à la conversion, afin d’être prêt pour le grand jour de l’arrivée du Seigneur parmi nous. Elle nous invite à nous préparer pour la rencontre avec le Messie à la crèche, là où Dieu va naître dans notre humanité. Elle nous dit aussi, dans la deuxième lecture, que pour Dieu, mille ans sont comme un jour et qu’il est donc d’une patience qu’on ne peut même pas soupçonner. Il laisse à chacun le temps de se convertir et est toujours prêt, lui, pour nous rencontrer. À nous de nous retourner pour nous tourner vers lui.

    Se préparer pour l’arrivée du Messie, c’est redécouvrir la grâce de son baptême. Jean baptisait dans l’eau. Jésus baptisera, nous dit-il, dans l’Esprit et le feu. Le baptême de Jésus, nous l’avons reçu. Et pour se préparer au mieux à fêter la venue du Seigneur à Noël et à accueillir tous les jours le Seigneur dans nos vies, il nous faut redécouvrir et laisser s’épanouir en nous la grâce de notre baptême. C’est ainsi que l’on aplanira les montagnes, que l’on comblera les fossés qui existent dans nos vies et dans nos cœurs, car nous sommes tous pécheurs et nous avons tous besoin de conversion, nous avons tous besoin de nous préparer pour la venue de Dieu. C’est ainsi que nous goûterons pleinement la joie exprimée dans la première lecture, où Isaïe annonce la consolation, le rassemblement des brebis par le Pasteur, qui est Jésus, et qui prend soin des brebis et les portent sur son cœur.

    Quand sommes-nous privés de la lumière sur notre chemin vers Dieu ? Quand est-ce que des montagnes nous empêchent de voir le soleil ? Quand est-ce que des fossés nous privent de lumière ? Quand sommes-nous dans le noir ou l’obscurité à cause d’un obstacle qui se place entre nous et la lumière, entre nous et Dieu ?

    L’orgueil est certainement une montagne qui nous empêche d’être dans la lumière. Nous avons vécu cette semaine en France deux décès marquants : ceux de Jean d’Ormesson et de Johnny Hallyday. Ces deux hommes sont ce que l’on peut appeler des hommes qui ont réussi aux yeux du monde. L’un est et restera un des grands auteurs de la littérature française. Ses œuvres sont déjà publiées dans la prestigieuse édition de la Pléiade. L’autre a rassemblé près d’un million de personnes pour ses funérailles. Dans la mort pourtant, l’un comme l’autre entrent sans épée d’académicien, sans voix qui enflamme les foules. L’un n’écrira plus. L’autre ne chantera plus. Jean d’Ormesson l’a signifié un peu d’ailleurs en demandant que sur son cercueil, il n’y ait qu’un crayon qui soit posé, et pas son épée d’académicien. Et aux funérailles de Johnny Hallyday, on n’entendait que ses musiciens qui jouaient des morceaux instrumentaux, sans paroles, sans voix. Dans la mort, on entre humble. Il est important de rabaisser les montagnes d’orgueil qui peuvent nous empêcher d’être dans la lumière et de rencontrer le Messie, la lumière du monde.

    Le découragement est certainement un fossé dans lequel on ne voit plus la lumière. Les vents contraires peuvent nous y pousser parfois. Il nous faut alors nous relever et reprendre la route. Rien de tel que de pouvoir bien tenir la route pour éviter d’aller dans le fossé. Quand on conduit une voiture, l’alcool peut nous faire perdre le contrôle du véhicule et nous mener dans le fossé. Dans la vie chrétienne, certaines sirènes sont comparables à l’alcool. Elles nous charment au début puis nous mènent subrepticement là où nous ne voulions pas aller. On peut penser ici aux promesses trop rapides de miracles. Une émission à la télévision a présenté récemment des sectes où l’on promet facilement des miracles aux gens. Les miracles existent, certes, mais ils ne sont pas obtenus comme on obtient des billets quand on va au mister cash. Ils sont toujours un cadeau gratuit et non obligatoire que Dieu nous fait pour nous donner un signe et un enseignement à nous et à toute la communauté. Il nous faut rester attentifs et ne pas nous laisser charmer par des solutions trompeuses, des promesses de beaux jours qui, par après, nous déçoivent et peuvent nous plonger dans le découragement. Le meilleur remède contre ces sirènes, c’est la charité concrète et l’acceptation de la vie vécue avec Dieu.

    Avançons donc sur notre chemin de lumière d’Avent, et préparons-nous à la fête de Noël.