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Assomption de la Vierge Marie

14 Août

    Assomption de la Vierge Marie

    Chers frères et sœurs,

    C’est aujourd’hui la fête du 15 août, la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie. C’est une fête très importante dans l’Église. Marie en effet est d’une très grande importance dans la foi de l’Église. Elle est la mère du sauveur, de Jésus, qui est Dieu venu parmi nous, et qui nous a sauvés.

    La deuxième lecture nous explique qu’avec le Christ vient la résurrection, alors qu’avec Adam est venue la mort. Cela signifie que le Christ, cet homme singulier, est le salut de tous les autres hommes. Le salut de l’humanité n’est pas une sorte de principe, de doctrine de sagesse. C’est avant tout une personne, en chair et en os, un homme. Un homme qui est envoyé de Dieu, un homme qui est Fils de Dieu, un homme qui est Dieu.

    Pour accueillir Dieu en ce monde, lui donner chair, l’enfanter, le mettre au jour, l’éduquer, il fallait une femme hors du commun. Pour être la demeure de Dieu, le lieu où Dieu vient en ce monde, le sein où il s’incarne, où il prend chair, la mère qui donnera son sang à l’Homme-Dieu, Marie devait être absolument immaculée. Elle devait être absolument étrangère au péché pour pouvoir être la porte par laquelle Dieu entre dans ce monde.

    Immaculée et sans péché jusqu’au bout de sa vie, elle a reçu le privilège de monter au ciel en son corps et en son âme, sans que son corps ne connaisse la corruption de la décomposition du corps. C’est un privilège qui a été le sien. Et c’est cela que nous fêtons aujourd’hui. L’Assomption de la Vierge est sa montée aux cieux en son corps en son âme sans avoir connu la corruption de la décomposition du corps. C’est la fête que le Psaume de ce dimanche chante merveilleusement. Marie, la première sauvée, est la première à partager la gloire de Dieu.

    Elle nous précède dans le Royaume des Cieux. La fête de l’Assomption est donc aussi, pour nous qui sommes encore en chemin vers l’au-delà, une fête où est célébrée notre espérance d’être, nous aussi, un jour, avec Marie au ciel. Marie, notre sœur, y est parvenue. Nous aussi, nous pouvons y parvenir. Marie qui monte au ciel, nous la regardons comme l’assurance que là où elle est, nous aussi, nous pouvons parvenir.

    À Beauraing, elle est apparue habillée un peu comme la femme de l’Apocalypse, couronnée de 12 étoiles. Elle est apparue sur un nuage, couronnée, comme si elle venait du ciel. Et elle est apparue à la croisée de nos chemins, au milieu de notre vie humaine. C’est donc celle qui nous précède au ciel qui vient vers nous, là où nous vivons. Elle vient nous rappeler que nous aussi nous sommes appelés à aller au ciel, et elle nous rappelle le chemin pour y aller : son Fils Jésus, que nous devons aimer. « Aimez-vous mon Fils ? »

    La vie nous apprend combien les forces du mal sont encore présentes dans notre monde. L’Eglise a bien du mal à enfanter le Christ dans le monde d’aujourd’hui. Mais nous savons que la victoire existe, Marie nous le montre en allant droit au ciel, en son âme et en son corps. Nous savons aussi que le chemin est encore parsemé de difficultés avant d’arriver là où Marie est déjà. Marie est aussi solidaire avec nous, avec tous ceux qui souffrent, elle est compatissante envers eux. Cette solidarité avec les chrétiens en chemin vers le ciel ressort particulièrement fortement à Beauraing.

    Marie se montre solidaire de tout ce qui fait la vie des hommes et des femmes de notre temps, avec leurs joies et leurs peines. Les témoignages récents des pèlerins le disent. On y retrouve des récits de personnes qui ont vu Marie à l’œuvre dans ce qui fait leur vie concrète, pour les aider, les accompagner. Elle aide à avoir un enfant, à éduquer les enfants, à trouver un travail, une maison, à fonder une famille, à vivre les orages de la vie, les maladies du corps et de l’âme, les licenciements, les difficultés familiales, jusqu’aux derniers moments de la vie ici-bas, quand il s’agit de bien vivre sa mort, ce grand passage vers la Vie éternelle, là où Marie est déjà, nous précède et nous attend.

    LÉvangile de la fête de l’Assomption de Marie nous montre une Marie qui est en même temps toute en Dieu et solidaire avec nous. « Mon âme, dit Marie, exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur ». Elle est directement tournée vers Dieu. Elle loue ses merveilles pour elle, pour dire à quel point Dieu est bon. « Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom ! Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». Elle annonce la venue du Royaume de Dieu, Royaume de justice, qui verra les pauvres déclarés bienheureux, et les riches renversés, le Royaume dont Jésus donnera la charte sur le mont des béatitudes. Elle se montre ainsi compatissante avec ceux qui souffrent, attentives aux souffrances des gens, aux injustices. Son cœur est aussi un cœur blessé par les pauvretés, les injustices. Mais elle sait que Dieu vient corriger tout cela. Elle croit de tout son cœur, espère de tout son cœur. Marie rappelle la promesse de Dieu faite à Abraham et aux prophètes : Dieu vient accomplir sa promesse. Elle se remet dans la grande tradition d’Israël, qui a reçu l’annonce et la promesse de Dieu, dont elle voit l’accomplissement s’incarner en elle. Dans l’Évangile comme à Beauraing, elle est à la fois toute en Dieu et toute proche de nous, nous qui marchons, souvent difficilement, sur les routes du monde.

    En ce jour où nous fêtons l’Assomption de Marie au ciel, fêtons-la comme celle qui symbolise l’espérance que nous aussi, nous sommes appelés à parvenir là où elle est déjà, comme celle qui est déjà arrivée là où nous sommes appelés à aller, et aussi comme celle qui est solidaire avec nous, nous qui cheminons encore.