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4ème après Pâques

22 Avr

    4ème après Pâques

    Chers frères et sœurs,

    En ce quatrième dimanche du temps pascal, nous entendons la parabole du bon pasteur. Le bon pasteur, nous dit Jésus, c’est celui qui donne sa vie pour ses brebis. Le bon pasteur par excellence, c’est donc Jésus lui-même, qui a donné sa vie pour nous.

    Nous sommes ses brebis et il est notre pasteur car qui d’entre nous peut dire qu’il connaît le chemin vers la vie éternelle ? Personne. C’est Jésus qui connaît le chemin et c’est lui notre pasteur, car c’est lui qui nous montre le chemin vers la vie éternelle.

    En donnant sa vie pour nous, il nous a aimés et aimés jusqu’au bout. De l’amour, on parle beaucoup. Il y a l’amour de ses parents, l’amour de ses amis, l’amour fraternel, l’amour de l’étranger, l’amour de soi aussi, l’amour qui pardonne, l’amour du couple, l’amour de Dieu … il y a toutes sortes d’amours. Mais tous ces amours, quand ils sont vécus en vérité et en profondeur, nous parlent à leur manière de l’Amour avec un grand A, de l’amour par excellence, de Dieu qui est Amour. Et c’est de cet Amour par excellence, de cet Amour avec un grand A que Jésus nous parle, c’est cet Amour divin qu’il nous révèle et dont il a fait preuve à Pâques, quand il a donné sa vie pour nous.

    C’est là tout le sens de Pâques. À Pâques, Dieu nous montre son amour qui est l’amour par excellence. Il le montre en Jésus, le bon pasteur, qui donne sa vie pour nous, pour nous donner la vie de Dieu, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, comme le dit saint Jean dans la deuxième lecture.

    La première lecture et le psaume qui lui répond soulignent que Jésus donne le salut à l’humanité, et qu’il est le seul à lui donner le salut. Inutile de chercher le salut ailleurs que dans le Christ. Il est bien la pierre d’angle sur laquelle repose toute la construction, et il n’y a pas d’autres pierres d’angle. Seule la construction qui repose sur cette unique pierre d’angle est sûre. C’est très clair. Et il n’y a pas à tergiverser : en dehors du Christ, il n’y a pas de salut. Tous ceux qui sont sauvés, qu’ils connaissent le Christ ou qu’ils n’en aient pas encore entendu parler, sont sauvés dans le Christ.

    Le bon pasteur qu’est Jésus est le modèle de tous les évêques, de tous les prêtres qui, à sa suite, sont pasteurs. Il est le modèle de tous les évêques qui sont pasteurs d’un diocèse, de tous les curés qui sont pasteur d’une ou de plusieurs paroisses.

    Le bon pasteur, nous dit l’Évangile, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. J’essaie moi aussi de vivre cela. Pour connaître mes paroissiens, j’accorde de l’importance aux visites à domicile. À Noël, j’ai visité les personnes âgées et malades. À Pâques, j’ai visité les familles qui ont eu un baptême ces trois dernières années et les ai invitées à la messe du dimanche de Pâques à Baronville. Maintenant, je visite les familles qui ont un enfant qui va faire sa première communion ou sa profession de foi. Je visite aussi les familles à l’occasion des baptêmes, des mariages, des funérailles. J’ai également sonné à chaque porte de mes paroisses à l’occasion des parcours Alpha. C’est, je pense, la chose à faire quand on est à la campagne : le mieux est d’aller chez les gens, de prendre du temps avec eux, chez eux. C’est de cette manière que je peux apprendre à connaître les paroissiens et que les paroissiens peuvent me connaître.

    Le bon pasteur, dit aussi l’Évangile, donne sa vie pour ses brebis. La vie du pasteur est en effet une vie donnée. On n’a pas une minute à soi. On travaille pratiquement du matin au soir, jusqu’au moment où l’on va se coucher.

    Malgré cela, force est de constater que les paroissiens se font de moins en moins nombreux. Nous cherchons tous des réponses à cette question cruciale pour notre temps en Occident : que sera l’Église de demain, comment transmettre aux générations futures l’héritage de notre foi ? La première chose à faire, la chose la plus importante, c’est certainement de repartir du Christ lui-même. Il faut vraiment repartir du Christ et construire des communautés faites de paroissiens attachés au Christ, de paroissiens pour qui la foi au Christ est au centre de leur vie. C’est ce que je dis aux séminaristes quand je mange avec eux le matin : il faut construire des communautés de chrétiens attachés au Christ.

    Ayons confiance en lui. Il est notre unique sauveur. Il nous a révélé tout l’amour de Dieu pour nous à Pâques. Il nous a donné l’Esprit Saint, qui nous guide. Il est notre Pasteur. C’est lui qui nous montrera le chemin. Suivons-le sur ses chemins.