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1er dimanche de Carême

18 Fév

    1er dimanche de Carême

    Chers frères et sœurs,

    Le temps du Carême est comme une marche dans le désert. Durant quarante jours, Jésus est resté dans le désert. Durant quarante jours, nous allons nous aussi aller dans le désert, comme Jésus, et nous y préparer à la fête de Pâques, la fête des fêtes, la fête de la résurrection du Christ, la fête de notre salut. Nous allons nous préparer à vivre la fête du grand passage, du passage de la mort à la vie, que nous fêterons la nuit de Pâques.

    Ce dimanche, nous sommes invités à aller au désert pour y rencontrer Jésus, qui nous y précède et nous y attend. Aller au désert, cela signifie se désencombrer. Se désencombrer, car au désert, on ne va pas avec tout ce que l’on a dans la vie ordinaire. J’ai été quelques jours dans le désert du Néguev quand je suis allé en Terre Sainte en pèlerinage. Et j’ai compris à quel point l’expérience du désert est une expérience de désencombrement. Après deux ou trois jours dans le désert, on se rend compte que la façon dont on vit dans la société est parfois une façon de vivre alourdie par toutes sortes de choses qui nous encombrent et dont, finalement, nous n’avons pas vraiment besoin. Ces choses, en plus, nous empêchent bien souvent de voir l’essentiel. Au point qu’après quelques jours dans le désert, j’étais habité par le désir d’y rester et de ne pas retourner dans la société ordinaire. Le dernier jour de désert se terminait pas une baignade dans la mer, dans une station balnéaire que l’on voyait de loin, alors que l’on était encore en plein désert. Cette station balnéaire, après quelques jours de désert, me donnait vraiment l’impression d’une usine de superflu, d’une grosse machine pleine de réalités faites uniquement pour faire de l’argent, pour encourager le client à consommer, sans se poser de questions vraiment essentielles sur sa vie, et sur Dieu. J’ai mieux compris, grâce à cette expérience de désert, à quel point la vie dans la société ordinaire peut être encombrée de mille et une choses qui finalement ne sont pas nécessaires, et nous empêchent de voir l’essentiel, de développer notre fibre spirituelle, de nous retrouver nous-mêmes et de rencontre Dieu en profondeur.

    Nous avons en nous une fibre spirituelle qui ne demande qu’à s’épanouir. Pour pouvoir s’épanouir, elle a besoin d’un peu d’espace. Bien souvent, nous la recouvrons par toutes sortes de choses, et l’empêchons ainsi de s’épanouir. Pour qu’elle s’épanouisse, nous devons lui donner un peu d’espace dans nos vies, dans nos cœurs. Cette fibre spirituelle, cette graine spirituelle, elle a été plantée en nous le jour de notre baptême.

    Le jour de notre baptême, nous avons vécu ce que Noé a vécu dans son arche. Nous avons été sauvés du déluge – qui représente la mort – et Dieu a conclu avec nous une alliance : l’alliance qui nous introduit dans la vie éternelle. Mais ce que nous avons reçu le jour de notre baptême, nous devons le vivre tout au long de notre vie, sinon ce serait de la magie. La grâce du baptême est comme une graine en nous qui ne demande qu’à s’épanouir. Depuis ce jour, de multiples occasions nous ont été offertes pour laisser grandir en nous, dans nos vies, la grâce de notre baptême.

    Nous avons saisi plusieurs de ces occasions. Si nous sommes ici à la messe, c’est que nous voulons que notre fibre spirituelle s’épanouisse. Nous voulons vivre la grâce de notre baptême. Nous voulons avoir une vie spirituelle et nous en avons une. Le temps du carême nous est donné pour progresser encore et dégager ce qui empêche encore notre vie spirituelle de grandir davantage.

    La nuit de Pâques, nous renouvellerons nos promesses de baptême. Nous rappellerons ainsi quelle est la source de notre vie spirituelle, de notre vie chrétienne. Nous nous rebrancherons sur l’essentiel de notre foi. Pour vivre ce grand moment pascal de manière optimale, synchronisons-nous sur Dieu, notre sauveur, notre Père. Refaisons l’expérience de Noé. Ne gardons dans l’arche de nos vies que ce qui est bon, afin de vivre en authentiques enfants de Dieu.

    Pour nous aider à vivre l’expérience de Noé, qui nous prépare au renouvellement de nos promesses baptismales à Pâques, je vous propose de penser à 6 mots dont les premières lettres forment le mot carême. Le premier commence par C : confiance. N’ayons pas peur, même si nos repères habituels n’existent plus dans le désert. Ayons confiance en Dieu. Il nous appelle au désert pour nous parler. A : amour. Dieu veut nous parler d’amour, car il est Amour. Et nous, où en sommes-nous dans l’amour de Dieu et du prochain ? R : réconciliation. Nous sommes invités à nous réconcilier avec Dieu et avec notre prochain quand nous avons manqué d’amour. Le sacrement de la réconciliation est vivement recommandé pour se préparer à Pâques. E : épreuve. Cela peut être éprouvant. M : Marie. Mais Marie nous accompagne et nous aide sur dans notre chemin de conversion. E : espérance. Refaire l’expérience de Noé est un chemin d’espérance. Cela nous prépare à la vie éternelle, à l’authentique bonheur, dont nous avons déjà un avant-goût ici-bas et que nous goûterons pleinement dans l’au-delà.

    Bon carême à chacune et à chacun !