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28ème dimanche ordinaire

15 Oct

    28ème dimanche ordinaire

    Chers frères et sœurs,

    La première lecture et l’Évangile de ce dimanche nous parlent de repas de fête. Dans la Bible, les dons de Dieu sont souvent comparés à un repas. Dieu prépare un repas pour l’humanité. Et il invite l’humanité à participer à ce repas.

    Le roi qui invite aux noces de son fils, c’est Dieu le Père qui invite l’humanité aux noces de son fils Jésus. Le marié, c’est Dieu le fils. La multitude est appelée, c’est l’humanité tout entière.

    Beaucoup sont appelés, nous dit Jésus, mais peu sont élus. Comment comprendre ces paroles, comment les recevoir ? Plusieurs choses doivent être bien comprises, et tout d’abord le désarroi du roi. « Le roi qui célébrait les noces de son fils envoya encore d’autres serviteurs. On voit l’angoisse, l’inquiétude de ce roi. Il a tout préparé et personne ne vient. Cette situation désespérante est – hélas ! – facile à imaginer » (Cathobel). Il s’agit d’un sentiment de tristesse de quelqu’un qui veut le bien des autres et qui ne reçoit qu’ingratitude, qu’indifférence de beaucoup.

    Combien de fois ne faisons-nous pas le bien des autres et ne recevons-nous pas en retour nombre de déceptions. Des parents peuvent connaître ce sentiment. Ils font tout pour le bien de leurs enfants. Mais leurs enfants ne viennent plus les voir … Ou des jeunes, qui organisent une soirée pour leurs 18 ans, envoient des invitations à toute l’école, et ne voient venir à leur soirée que quelques personnes. Un jour, j’ai été à une telle soirée. La fille qui fêtait son anniversaire était vraiment déçue ! Elle m’a dit : « Fais venir tes copains ». Comme Dieu le père qui invite d’autres à sa fête, voyant que les invités ne sont pas venus. « Les invités aux noces royales ont tous de bonnes raisons pour ne pas venir. L’un va à son champ, l’autre à son commerce. L’un est occupé à ses (affaires), l’autre est plongé dans ses papiers. Dieu nous parle pourtant de mille façons, dans la prière et les sacrements, mais aussi à travers les personnes que nous rencontrons, mais que nous ne voyons pas, parce que nous sommes trop occupés » (Cathobel). Alors, il invite d’autres à ses noces. Ceux auxquels on ne pensait pas, il les invite.

    Je discutais vendredi avec le doyen l’abbé Bastin et il me disait que la situation que nous vivons aujourd’hui dans notre Église de Belgique est comparable à celle qu’a vécue le roi de la parabole. Depuis des décennies, nous avons tout fait pour préparer la table. Nous avons prêché, nous avons nourri les gens par les sacrements, nous avons rendu visite à nombre de personnes … Et finalement, nous voyons que depuis des décennies, nos églises se vident. Les invités ne viennent pas au repas de l’eucharistie. Cette réflexion venant d’un prêtre qui a une longue expérience me semble très pertinente. L’on comprend l’inquiétude du roi de la parabole quand on regarde nos églises se vider d’année en année. Nous sommes nous aussi inquiets. On a tout préparé et personne ne vient.

    D’autres, parfois, viennent aux noces mais ne sont pas prêts. Ils restent un peu, quelque temps, puis repartent quand ils entendent les Paroles de Jésus qui leur dit de se convertir. Ils arrêtent de venir, ils repartent : ils n’étaient pas prêts. Or il faut être prêt pour entrer dans la salle des noces : il faut avoir la tenue adéquate.

    Comment s’habiller convenablement pour le repas de noces ? Comment s’habiller de manière à être sauvé ? Comment se préparer ? Le vêtement de noces, on le reçoit lors de notre baptême. Ce baptême peut être le baptême que l’on reçoit chez nous quand on est enfant, ou quand on est adulte par le sacrement du baptême que l’on connaît. Il peut être aussi un baptême de désir. Pour ceux qui ne connaissent pas le Christ, un baptême de désir est possible : au moment de la mort, on reconnaît Jésus comme sauveur et on est sauvé. Le vêtement de noces est donc proposé à tout le monde.

    Il faut aussi le revêtir. Il ne faut pas le garder dans sa garde-robe sans s’en servir. Il faut le revêtir pour entrer au banquet. Il faut que nous nous soyons bien habillés, c’est-à-dire apprêtés, en revêtant le vêtement de noces, et pas en le gardant dans notre garde-robe. Enfin, avant d’être mis, il faut, une fois sorti de la garde-robe, qu’il soit propre. Pour laver notre vêtement de noces, il faut le plonger dans la miséricorde de Dieu. Pour cela, le sacrement de la réconciliation détache et lave le vêtement de noces que nous avons reçu, plus blanc que blanc, parfaitement propre, à notre baptême. Une fois que nous avons sorti notre vêtement de noces de notre garde-robe, une fois que nous l’avons lavé dans la miséricorde de Dieu, il faut encore le mettre sur nous. Il faut que nous nous habillions. S’habiller du vêtement de noces du baptême, c’est mener une vie digne de l’Évangile du Christ, c’est déployer la grâce de notre baptême, qui fait de nous des prêtres (prier), des prophètes (annoncer la Parole de Dieu), et des rois (aimer Dieu et son prochain), c’est aimer la justice, pratiquer la miséricorde, et marcher humblement avec Dieu en suivant le Christ.